L'Histoire et les légendes

 La Préhistoire, l’histoire et les activités locales.        Les légendes  

                                                         L'archéologie

Montbelleux s'élève à 169 m au dessus du niveau de la mer ; à son sommet se dressaient 2 menhirs. L'un des menhirs a été brisé en 1928 pour empierrer la route de Laval toute proche. L'autre, encore répertorié dans l'annuaire de Fougères en 1838 et mentionné en 1862 dans les Statistiques des monuments celtiques de la Société d'Archéologie, a lui aussi disparu d'une manière tout aussi scandaleuse.

Dès la préhistoire, à l'Age de bronze, l'étain était exploité à Montbelleux. Au cours de ses premières recherches, en 1903, Kerforne découvre 4 ou 5 dépressions en forme d'entonnoir, reste d'une exploitation d'étain très ancienne. Dans ces dépressions, il retrouve de nombreux petits fragments de quartz contenant du wolfram et de la cassitérite (étain). Les 2 menhirs datent de cette époque.

Plus tard, pour les Celtes, le Mont Belleu était sacré. Sur cette montagne on honorait le dieu  Belen,  on y offrait des sacrifices au solstice d'été.

En 1244, le jour de la Saint Gilles, un traité de paix fut conclu à Montbelleux entre André III de Vitré et Raoul de Fougères ; Ils décidèrent qu’il ne serait bâti aucune autre forteresse entre Fougères et Châtillon.

En 1551 vente des bois, taillis droits et appartenance de Montbelleux par Guy de Laval au seigneur de Mué. Cette partie de Luitré relèvera de la seigneurie de Mué jusqu’à la Révolution.

Les registres paroissiaux de 1617,1618, 1628 et 1642 indiquent une maison et une pièce de terre nommées « les Minières » qui existaient  près de la Gasneraye et du bois de Montbelleux, souvenir des mines qui furent exploitées sur la butte de Montbelleux.

La carte de Cassini datant des années 1780 donne un aperçu de l'activité qui existait autour de Montbelleux sous l'ancien régime.

Légendes

 

   http://cassini.seies.net/images/hameau_s1.jpg  Hameau sans église

   http://cassini.seies.net/images/maison_s1.jpg   Justice Maison

   http://cassini.seies.net/images/chapelle_s1.jpg    Chapelle

   http://cassini.seies.net/images/moulinventp_s1.jpg  Moulin de Pierre

 http://cassini.seies.net/images/foret.jpg      Bois

  http://cassini.seies.net/images/coteaux.jpg  Hachures représentant  les  coteaux

 

La toponymie est  significative : la Cochonnière, Morfontaine, Bas Marais, les Teils (tilleuls); à l'Abbaye se situait une maison de justice ; St Gilles était une chapelle, etc.

Les  bois de Montbelleux étaient importants et touffus, ils fournissaient des coupes de bois et permettaient au seigneur de s'adonner à la chasse.

Pendant la Révolution, ils ont servi de refuge aux « insurgés » qu’on désignera plus tard comme chouans. L’administration du District décidera que ces bois seraient abattus.

Au sommet de Montbelleux, outre les menhirs, s'élevait également un moulin à vent en pierre. Un lavoir situé au bord du chemin qui descend à la Cochonnière était toujours fréquenté par les villageois du voisinage au XXe s.

L'histoire de la mine nous est fidèlement rapportée dans l'étude de Jean-Marie Bodin "LA MINE DE MONTBELLEUX - 1903-1983 - Luitré - Ille-et-Vilaine" publiée en 1995 dans la revue "Minéraux et Fossiles".

 

Historique de l'exploitation de la mine.

-1903 : Fernand Kerforne, Professeur de géologie et de minéralogie à la Faculté des Sciences de  Rennes, redécouvre le gîte d'étain et de wolfram de Montbelleux.

1903-1983 : La concession de Montbelleux recouvre une partie des territoires des communes de Luitré et Parcé (superficie : 482 hectares).

- 1903-1906 : Travaux de recherche du Puits Collet-Pintiaux au Puits Surcouf. Les  travaux de recherche occupent deux maîtres-mineurs et quatre-vingts ouvriers.

- 1907-1908 : Première période d'exploitation du minerai (jusqu'à 204 ouvriers). A partir du 10/10/1908, les travaux sont interrompus en raison de la baisse des cours du Wolfram. En 1908, la mine emploie deux cent quatre ouvriers dont cent dix huit hommes au fond.

 - 1910-1911 : Deuxième période d'exploitation, la société en nom collectif Gruzard-Clolus et Courtois sous la direction de M. BAYLE. Une moyenne de 120 ouvriers a été occupée en 1911.

 - 1916-1918 : Troisième période d'exploitation desservie par trois puits.  Le personnel comprend 42 mobilisés à l’étage 97 et aux traçages, 90 prisonniers de guerre aux étages 27 et 62 , 10 prisonniers de guerre au jour.

- 07/04/1938 : Mutation de la concession à M BRANDT.

 - 1942-1944 : Quatrième période d'exploitation. Un chevalement a été édifié sur le puits Surcouf (10/09/1942). En octobre 1942, l’effectif est de 300 hommes environ dont 30 allemands ; il va oscillé autour de 550.

 - 1951-1958 : Cinquième période d'exploitation. Les travaux furent confiés à la société des Mines de Puy- les-Vignes (1948-1950). Effectif : 140 personnes dont 84 ouvriers au fond. En février 1957, licenciement de 47 ouvriers ; 24 nouveaux débauchés en août 1957 sur un effectif de 56.

1977-1983 : Nouvelle exploitation.

1976 : sondages à partir de la surface pour reconnaître l'aval des granulites,

 - de 1977 à 1980 : nouvelle phase d'exploration (dénoyage et remise en état de l'ancienne mine, infrastructures - bâtiment etc... nombreux sondages),

 - de 1980 à 1983 : une descenderie est réalisée et dessert les niveaux 60,95 et 130 mètres. Une laverie de capacité 40t/heure est construite.  En novembre 1982 : 58 salariés ; direction-administration : 5 personnes ; personnel au fond : 30 (mineurs et conducteurs d’engins) ; au jour : 23 (laverie et divers)

 - Arrêt de l'exploitation définitive 2006 - La Société des Mines de Montbelleux engage la procédure d'arrêt des travaux miniers.

Fernand Kerforne

La mine - 1944

1980 - 1983

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La fermeture définitive, un invraisemblable feuilleton.

12 juillet 2006 – Déclaration de la SMM (Société des Mines de Montbelleux) de l’arrêt définitif des travaux miniers.

18 février 2008 – Dépôt du dossier contenant les plans et renseignements. Suivent les avis des services administratifs et des communes.

19 mai 2009 – Réunion à la mairie de Luitré pour envisager la sauvegarde de l’ancien site minier.

9 juin 2009 – Projet d’arrêté préfectoral : les propositions de l’exploitant nécessitent des actions complémentaires en prévision des risques miniers (stabilité des terrains) et des risques sanitaires (présence de produits toxiques). 

L’administration demande la fermeture totale des puits, indique que les structures encore présentes ne pouvaient pas être conservées, la démolition complète  de l’ensemble des locaux situés sur le carreau, le remblaiement de la descenderie, l’envoi des déchets polluants (fibrociment, boues toxiques) vers un site extérieur de traitement.

22 septembre 2009 : Le représentant de la DRIRE Bretagne indique que le principe du maintien des boues toxiques et de la pyrite dans une alvéole de confinement sur le site pourrait être admise…

07 décembre 2009 : La SMM en prend acte ; elle note que l’énumération des conditions est plus qu’imprécise en référence à des textes qui ne s’appliquent pas et à des réglementations qui ne sont pas en vigueur…

18 janvier 2010 : la préfecture entérine cet état de fait : la Ste des Mines de Montbelleux n’a plus d’obligation de respecter les prescriptions précédentes du Code Minier, le délai de réponse de l’administration ayant été dépassé… Elle peut enfouir sur place les boues toxiques dans une alvéole de confinement.

Janvier 2010/Mai 2014 : Plusieurs réunions à la sous-préfecture, études sur les aléas miniers, arrêtés préfectoraux fixant les délais de travaux, réalisation des travaux de mise en sécurité par la Ste des Mines de Montbelleux, arrêtés prorogeant le délai des travaux, Fougères Communauté engageant  la réfection du chevalement et les bâtiments annexes au blockhaus du Treuil , études sanitaires, visites du site, relevés de conclusions, mémoire de fin de travaux…

07 Avril 2011 : Visite de Guy Gautier, sous- préfet, à Montbelleux.

18 juin 2011 : L’association Mémoire de la Mine de Montbelleux accueille plus de 500 visiteurs sur le site de Montbelleux. Ensuite, elle reçoit le public au cours des années 2012, 2013, 2014. Elle organise différentes conférences.

29 juin 2011 : Visite des élus de Foug. Com. à Montbelleux. Distribution d’un dossier par la 3 M.

09 septembre 2011 : Visite de la DREAL à Montbelleux.

23 avril 2012 : La Communauté de communes se penche sur le dossier et étudie la possibilité de préserver l’aspect patrimonial de l’ancienne mine.

28 juin 2012 - La préfecture précise au Pdt de Fougères Communauté les conditions à remplir pour la publication de l’arrêté de second donné acte ; il précise notamment,  que l’accueil du public qui n’avait pas été envisagé au cours de la procédure, ne pourrait se faire que si un nouveau dossier d’arrêt définitif des travaux est fourni par l’exploitant (études sur la rénovation du chevalement, sur la stabilité des terrains du lieu destiné à recevoir du public, sur l’absence de risques sanitaires).

3 juillet 2012 : Réunion à la sous-préfecture. Constat est fait : les travaux de mise en sécurité sont effectués, une action technique pour diminuer les risques sanitaires puis une étude complémentaire sur ces risques seront effectuées aux abords de la maison du gardien. Par contre, la Ste des Mines de Montbelleux refuse de lancer une nouvelle étude qui permettrait d’envisager l’ouverture au public. Le blocage se met en place : l'accueil du public ne pourra se faire.

10 décembre 2012 : Visite de Jean-Yves Fraquet, sous-préfet, à Montbelleux.

8 juillet 2014 : Arrêté préfectoral définitif : Le chevalement peut rester en place, la maison du gardien est préservée. Les dernières études sur les risques miniers avec  « effondrement localisé » sont considérés comme faibles à très faibles ; la qualification de l’intensité est désignée comme très limitée. Mais l’accueil du public n’a pas été envisagé ni même évoqué. 

21 octobre 2014 : Fougères Communauté acquière une partie du site pour 1 euro symbolique. Dans l'acte de vente apparait la clause vicieuse " Interdiction de l'accueil du public dans l'emprise de l'immeuble vendu".

juin 2015 : la 3 M Montbelleux organise pour la cinquième année l’accueil du public et prépare une conférence de Jean-Marie Bodin sur « Les Hommes de Montbelleux ».

Le 11 juin 2015 : Après une alerte (excès de zèle !?) de la DREAL, lettre de la Préfecture au Président de Fougères Communauté sur l’interdiction d’ouverture au public le 13 juin 2015. (Notons que cette zone d'interdiction ne concerne que la propriété de Fougères Agglo, 52 ares, mais pas le reste du carreau).

12 juin 2015 : Lettre du Président de Fougères Communauté à la 3 M Montbelleux la sommant de ne pas entrer sur le site le lendemain 13 juin.

13 juin 2015 : La conférence et l’animation sont déplacées salle de la mairie à Luitré.

3 décembre 2015 – La 3 M a été reçue par le Président de Fougères Communauté. Le président, Bernard Marboeuf, a montré son souci de voir la mine de Montbelleux prendre sa place dans la mémoire industrielle et le patrimoine touristique du Pays de Fougères. Il soutient la démarche de la 3 M qui consiste à trouver le moyen de rendre accessible au public ce site minier qui a été économiquement important au cours du XXe sc.

15 juin 2016 : Visite de  Fabien Martonara, sous-préfet de Fougères-Vitré. Il était accompagné par le représentant de la DREAL, Monsieur Paul Bouillet. Le conservateur des monuments historiques, le conservateur des Antiquités et Objets d’Art, un représentant de l’inventaire régional, l’architecte des Batiments de France avaient été conviés également par le sous-préfet. Jean Hérisset avait également invité Monsieur Marboeuf, président de la communauté de communes et Monsieur Michel Balluais, maire de Luitré.

26 août 2016 : Arrêté ministériel, acceptant la renonciation totale de la Société des Mines de Montbelleux à la concession des mines de tungstène, étain, cuivre et substances connexes, dite « Concession de Montbelleux » (Ille-et-Vilaine). En conséquence, il est mis fin à ladite concession et le gisement correspondant est replacé dans la situation de gisement ouvert aux recherches.

Signé du ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, Emmanuel Macron.

27 juin 2017 : Visite de Monsieur Richard Daniel Boisson, sous-préfet de Fougères-Vitré.

18 juillet 2017 : La DREAL... sur la demande du sous-préfet, précise la situation de la mine de Montbelleux qui ne relève plus de la police des mines. Les risques miniers seront dorénavant pris en compte par les documents d’urbanisme au même titre que les risques naturels, ils entrent dans la compétence générale du maire en matière de sécurité du public. La préfecture garde un œil sur le partage de responsabilité entre commune et communauté de commune, propriétaire du site.

16 juin 2018 : Le public est accueilli à nouveau sur le site. Définitivement...?